Syndrome du bébé secoué

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Syndrome du bébé secoué : une forme mal connue de maltraitance aux conséquences graves et irrémédiables

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Le syndrome du bébé secoué (SBS) dont les conséquences sont parfois dramatiques touche 200 nourrissons chaque année en France.
Ce chiffre semble fortement sous-estimé puisque 30% des SBS ne seraient pas dépistés, du fait d’un diagnostic difficile à poser, les signes évocateurs étant encore mal connus et la maltraitance n’étant pas toujours suspectée.

En effet, les symptômes peuvent, aux yeux du professionnel de santé, passer inaperçus ou être attribués à d’autres pathologies, dans la mesure où le motif de consultation donné par les parents est souvent banal : une chute mineure, des régurgitations, des pleurs ou de l’irritabilité, un nourrisson ayant été secoué violemment ne portant pas nécessairement de traces de blessures.

  • Sage-femme
Auteur : La Prévention Médicale / MAJ : 25/10/2017

Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ?

C’est un traumatisme crânien infligé par secouement. Il prédomine chez les garçons et dans deux tiers des cas survient avant 6 mois de vie. Les victimes sont des nourrissons dont les pleurs incessants peuvent pousser leurs parents ou les personnes qui en ont la charge, à des gestes violents de secouement. De plus, les enfants de moins d’un an dont les pleurs sont plus fréquents, sont davantage touchés par ce syndrome.

Quelles lésions cérébrales provoque-t-il ?

Les principales atteintes cérébrales sont l’hématome sous-dural plurifocal, l’hémorragie sous-arachnoïdienne, l’œdème cérébral ou/et les contusions cérébrales. Elles sont dues, d’une part aux lésions de cisaillement de la substance blanche provoquées par les mouvements d’accélération et de décélération de la tête lors du secouement, et d’autre part à l’ischémie diffuse.

Quelles sont les conséquences de ces lésions ?

Le secouement expose le très jeune enfant, plus fréquemment le nourrisson, à un risque de décès immédiat ou de handicaps dont il est difficile de connaître l’étendue et les conséquences à la phase précoce du diagnostic.
La mortalité globale après un SBS est en moyenne de 21,6% variant de 10 à 40% selon les études et les principales séquelles sont un retard psychomoteur, un déficit psychomoteur à type d’hémiplégie ou de quadri hémiplégie spastique, une épilepsie, un déficit visuel, des troubles du langage, des troubles du comportement à type d’agitation, un manque d’attention, et une microcéphalie.
Ces séquelles sont plus graves que dans les traumatismes crâniens accidentels et sont majorées par l’âge de survenue inférieur à six mois, le trouble de vigilance avec coma à l’admission, des convulsions initiales, le recours à l’intubation initiale, la présence d’hémorragies rétiniennes importantes, et la présence d’une fracture du crâne, témoin d’un impact associé.
La gravité des lésions et le taux de récidive du secouement estimé à plus de 50% des cas soulignent l’importance de reconnaître ce syndrome.

Reconnaître et prévenir ce syndrome

Afin de sensibiliser le grand public et d’aider les professionnels de santé à mieux le repérer et le diagnostiquer, une audition publique à l’initiative de la Société française de médecine et de réadaptation (SOFMER) avec le soutien méthodologique de l’HAS a été réalisée avec les objectifs suivants:
 
  1. améliorer la reconnaissance du syndrome du bébé secoué par les professionnels de santé et d’en préciser la démarche et les critères diagnostiques, 
  2. identifier les mécanismes lésionnels possibles, 
  3. définir la conduite à tenir pour protéger le nourrisson.
 
Les conclusions de cette audition ont fait l’objet d’une publication de recommandations pour la conduite du diagnostic et la protection des enfants. 
 
Elles préconisent en effet d’évoquer systématiquement le diagnostic de secouement devant des symptômes neurologiques et des signes moins spécifiques tels que des vomissements, une pâleur, ou encore un changement inexpliqué du comportement du nourrisson.
En fonction des lésions observées, une grille de critères permet de classer le secouement en quatre catégories diagnostiques : 
 
  • diagnostic hautement probable, voire certain 
  • diagnostic probable, 
  • diagnostic possible 
  • diagnostic écarté.

Protéger l’enfant

Dans le cas où le diagnostic de secouement est posé, si elle considère que l’enfant est en danger et dans le but de le protéger et de préserver ses droits en tant que victime de maltraitance, l’équipe hospitalière médicale et soignante aura recours à l’hospitalisation et au signalement puisqu’un tel acte constitue une infraction pénale :

  • un signalement au Procureur de la République si le diagnostic est certain, hautement probable ou probable,
  • une information préoccupante au président du Conseil général si le diagnostic est possible.

Le signalement est en soi un acte médical de prévention, puisqu’il vise à protéger l’enfant de nouvelles atteintes à sa santé.

Conclusion

La gravité du SBS, tant par sa mortalité que par la sévérité des séquelles à long terme doit nous faire améliorer la prévention et le diagnostic.
L’HAS préconise de sensibiliser les professionnels de santé afin qu’ils relaient des messages de prévention auprès des parents sur ce syndrome encore mal connu ainsi que la mise en œuvre de campagnes d’information grand public.
Une sensibilisation des parents au danger du secouement, à la maternité et dans les jours qui suivent le retour de la maternité, devrait être systématique, et il serait également nécessaire que les médecins libéraux et de PMI soient formés à évoquer ce diagnostic et à orienter ces enfants vers des structures adéquates.
Mais la prévention passe par l’information et la formation de tout professionnel (médico-social, cadre de l’aide sociale à l’enfance, magistrat, et policier, etc.) susceptible de rencontrer, à un titre ou à un autre, des situations de secouement.
Il est ainsi recommandé d’organiser régulièrement pour toutes les personnes au contact des bébés, des campagnes de sensibilisation et d’information bien adaptées sur les dangers du secouement encourus par les enfants et sur les précautions à prendre pour l’éviter.
 

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Les séquelles du syndrome du bébé secoué - em-consulte.com

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