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Le médecin seconde victime de l'erreur et les situations de Burnout

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2024 - Engager les autorités dans un accompagnement du médecin fautif pour une prise de conscience et un travail de formation : un témoignage anglais

18/05/2026

Price T, Reynolds E, O’Brien T, et al - Role of remediation in cases of serious misconduct before UK healthcare regulators : a qualitative study - BMJ Quality & Safety 2025;34:110-118. 

Résumé

La raison d'être des organismes de réglementation des professions de santé dans le monde entier est de protéger les patients et le public contre le risque de préjudice.

En cas de faute grave, l’imposition au professionnel fautif d’une prise de conscience et d’un travail réflexif dirigé (encore appelée remédiation) est considérée comme un facteur important lorsqu'il s'agit d'évaluer le risque de préjudice récurrent associé à ce praticien défaillant.

Pourtant, nous savons très peu de choses sur la manière dont les régulateurs prennent en compte cette remédiation dans leur prise de décision et si cela est cohérent avec l'objectif de réduction des risques.

Cet article explore le rôle de la remédiation dans la prise de décision dans les cas de faute grave devant les autorités de régulation des soins de santé au Royaume-Uni.

L’étude porte sur des entretiens réalisés avec 21 participants issus de huit des neuf organismes de réglementation des professions de santé au Royaume-Uni, couvrant un éventail de rôles dans le processus de prise de décision dans les cas de mauvaise conduite.

La remédiation a influencé la prise de décision des autorités de trois manières :

  • Certains types d'inconduites ont été jugés plus remédiables que d'autres. Dans les cas de malhonnêteté ou d'inconduite sexuelle, ce travail était moins susceptible de servir de facteur atténuant.
  • Les décideurs considèrent souvent les mesures correctives comme un indicateur indirect de la prise de conscience du praticien sur ses propres problèmes.
  • Le fait qu'un praticien ait démontré sa volonté de changer en suivant une mesure corrective est plus susceptible d'influer la prise de décision, particulièrement dans le cas où la mauvaise conduite est intervenue dans un contexte de dégradation soupçonnée des facultés cognitives.


La remédiation joue un rôle clé dans les jugements des décideurs dans les cas de mauvaise conduite, en particulier lorsque ces cas sont liés à une mauvaise conduite avec les patients. Dans de tels cas, les actions entreprises informent sur le niveau réflexif de compréhension du praticien sur son attitude, et le risque de répétition d'une telle faute.

Ces résultats suggèrent qu'il est nécessaire de développer des interventions de remédiation explicitement orientées vers la prise de conscience des problèmes par le médecin. 

Mon avis

Intéressant pour découvrir la position évolutive des autorités anglaises sur le sujet.