Revue de presse - Avril 2026

Tout sur la gestion des risques en santé
                et la sécurité du patient

Revue de presse - Avril 2026

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Retrouvez l'analyse de la presse internationale sur le risque médical par le Professeur Amalberti. À la une ce mois-ci : 

Auteur : le Pr René AMALBERTI - Président de La Prévention Médicale - Docteur en psychologie des processus cognitifs - Ancien conseiller HAS / MAJ : 30/03/2026

La traduction automatique d'information pour les patients testée avec succès dans plusieurs langues exotiques

La traduction automatique d'informations spécifiques aux patients étrangers pourrait atténuer les barrières linguistiques si elle est suffisamment précise et non préjudiciable, et pourrait s'avérer particulièrement utile dans les situations de soins où les traducteurs professionnels ne sont pas facilement disponibles. Cette étude évalue la précision et le risque d’erreur associé à des traductions de ChatGPT-4 et de Google Traduction de l'anglais vers l'espagnol, le chinois et le russe.

La méthode consiste à utiliser ChatGPT-4 et Google Traduction pour traduire 50 ensembles (316 phrases) d'instructions cliniques en texte libre, anonymisées et spécifiques aux patients, provenant des services d'urgences, en espagnol, chinois et russe. Ces textes ont ensuite été retraduits en anglais par des traducteurs professionnels et codés par des médecins afin d'évaluer leur exactitude et leur potentiel de préjudice clinique.

Au niveau de la phrase, les deux outils ont présenté une précision ≥ 90% pour la traduction de l’anglais vers l’espagnol (précision : GPT 97%, Google Traduction 96%) et de l’anglais vers le chinois (précision : GPT 95%, Google Traduction 90%). En revanche, leurs performances étaient moindres pour la traduction de l’anglais vers le russe (précision : GPT 89%, Google Traduction 80%).

Au niveau des ensembles d’instructions, 16%, 24% et 56% des ensembles d’instructions traduits par GPT en espagnol, chinois et russe, respectivement, contenaient au moins une inexactitude.

Pour Google Traduction, ces pourcentages étaient respectivement de 24%, 56% et 66%.

Le risque de préjudice lié à des traductions inexactes était ≤ 1% pour les deux outils, toutes langues confondues, au niveau de la phrase, et ≤ 6% au niveau des ensembles d’instructions. 

GPT s’est avéré significativement plus précis que Google Traduction en chinois et en russe au niveau de la phrase ; le risque de préjudice était similaire.

En conclusion ces résultats confirment le potentiel des outils de traduction automatique pour pallier les lacunes des services de traduction dans le cadre de communications écrites à faible enjeu de l’anglais vers l’espagnol, tout en soulignant la nécessité de la prudence et d’une supervision professionnelle pour les communications à risque plus élevé.

Kong M, Fernandez A, Bains J, et al Evaluation of the accuracy and safety of machine translation of patient-specific discharge instructions: a comparative analysis BMJ Quality & Safety 2026;35:150-158.

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La réforme de la médecine générale anglaise soumise à l'opinion des patients et des professionnels : encore des progrès à faire

Cette étude anglaise, basée sur des entretiens, vise à recueillir les expériences et les points de vue des patients, des aidants et des professionnels concernant l’accès aux soins de médecine générale en Angleterre dans le contexte de trois grands projets gouvernementaux de réforme du NHS en cours de déploiement :

  • La première transition (des systèmes analogiques aux systèmes numériques) vise à imiter les modèles de libre-service observés dans d'autres secteurs, tels que la banque et le tourisme. Elle comprend une application NHS enrichie, véritable porte d'entrée numérique du NHS, permettant aux patients de prendre et de gérer leurs rendez-vous, de s'orienter eux-mêmes vers certains services spécialisés et d'accéder à diverses informations sur leur santé pour favoriser l'autonomie des patients.
  • La deuxième transition – de l'hôpital à la communauté – privilégie une approche de proximité pour la prestation de services. Les médecins généralistes sont invités à intervenir à une échelle géographique plus étendue, en collaboration avec d'autres professionnels de santé et du secteur médico-social au sein d'équipes multidisciplinaires, notamment dans de nouveaux centres de santé de proximité conçus comme des guichets uniques.
  • La troisième transition, celle de la prévention, s’appuie sur la technologie, les données, la génomique et les ressources communautaires pour une prévention plus personnalisée des maladies.
     

Ces trois transitions entraînent des changements majeurs dans le fonctionnement de la médecine générale en Angleterre, les services proposés et les modalités d'accès à ces services.

Au total, ce sont 70 entretiens qui ont été menés répartis entre 41 patients et aidants et 29 professionnels de soins primaires (médecins généralistes, infirmiers et autres administratifs).

Les participants reconnaissent certains avantages aux transitions mais pointent aussi de nouveaux risques et inconvénients.

La numérisation accrue des soins de médecine générale (principalement via les systèmes de prise de rendez-vous en ligne et l'accès aux informations médicales) offre un plus grand confort à certains patients et a permis d'améliorer l'efficacité. Mais elle n’a pas résolu le problème fondamental de la difficulté croissante d’accès à son médecin généraliste traitant et a introduit de nouvelles formes de désavantage et d'exclusion, sans pour autant répondre à ce que les patients recherchaient souvent : un contact humain et de l'empathie avec un médecin généraliste qu'ils connaissaient.

Le passage des services hospitaliers aux services de proximité, avec des médecins généralistes intervenant sur un territoire plus vaste selon de nouveaux modèles de quartier, a été perçu par les participants comme offrant une plus grande capacité de rendez-vous, mais se heurte à des contraintes, notamment des difficultés pratiques de coordination et d'organisation.

Ces nouveaux services, couvrant des zones plus étendues, peuvent amener à ce que les patients se sentent ignorés et inconnus dans leur cabinet et fragiliser les relations de confiance qu'ils entretenaient avec leur médecin généraliste. Les efforts de prévention, bien que reconnus comme importants, ont été jugés problématiques en raison de leur tendance à fragmenter les soins, avec des modèles trop simplistes centrés sur des maladies spécifiques et d'une mobilisation des ressources qui pourraient être utilisées pour les consultations à l'initiative des patients. L'inquiétude concernant l'augmentation de la charge de travail du personnel des cabinets de médecine générale a été constamment exprimée.

En conclusion, et bien que l'amélioration de l'accès à la médecine générale soit une priorité affichée dans les plans gouvernementaux de réforme des services du NHS, les trois changements proposés pourraient ne pas correspondre aux attentes des patients ni aux besoins des cabinets médicaux. Ces propositions nécessiteront une conception, une mise en œuvre et une évaluation rigoureuse, en collaboration avec les principaux acteurs concernés, afin de garantir la continuité des soins et la continuité des services existants.

Sinnott C, Ansari A, Price E, Horder K, Alboksmaty A, Willars J et al. Experiences of access to general practice in England: qualitative study and implications for the NHS 10 year plan  BMJ  2026; 392 :e087367 doi:10.1136/bmj-2025-087367 

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Une enquête de la SFAR et de la SFMU sur la connaissance par les professionnels des bonnes pratiques facteurs humains dans la prise en charge des patients en situation d'urgence : des résultats plutôt décevants

Une bonne communication et organisation des équipes sont essentielles à la sécurité des patients en situation d'urgence. Bien que les recommandations nationales françaises soulignent l'importance des facteurs humains, leur mise en œuvre en pratique clinique reste incertaine.

Dans ce contexte, cette enquête nationale française vise à évaluer l'utilisation actuelle des outils organisationnels et de communication par les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des urgences.

Le travail repose sur un questionnaire en ligne de 32 questions, conçu pour explorer les pratiques d'organisation et de communication lors de la gestion des situations critiques.

Diffusé via les réseaux sociaux par la Société Française d'Anesthésie et de Réanimation et la Société Française de Médecine d'Urgence, le questionnaire est resté disponible du 1er octobre au 1er décembre 2023. L'enquête ciblait les médecins et les paramédicaux régulièrement impliqués dans des situations critiques.

Au total, 1 493 personnes ont répondu, dont 856 femmes (58%). Les médecins représentaient 42% (n= 620) de la cohorte.

La plupart des répondants (61%) ont déclaré ne pas connaître les recommandations nationales relatives aux facteurs humains en réanimation.

L’utilisation d’outils de communication structurés lors de situations critiques – tels que la communication en boucle fermée (31%), les pauses (16%) et les débriefings (35%) – était limitée, notamment parmi le personnel paramédical.

Bien que les répondants aient largement reconnu l’importance de la communication, 90% ont déclaré ne recevoir aucune formation théorique ou moins d’une par an, et 81% avaient une expérience minimale de la formation à la communication par simulation.

Moyer JD., Zappella N., Ramonda V., Abback PS, Ouatiki P., Devauchelle P., Cesareo C., Clavier T., for the ACUTE SFAR (French Society of Anesthesiology and Intensive Care) committee, Organization and communication in critical situations: a national survey of French healthcare professionals involved in emergency care, International Journal for Quality in Health Care, Volume 38, Issue 1, January 2026, mzag007

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Revue de littérature sur les corps étrangers oubliés : toujours autant depuis 2000

Malgré les efforts déployés pour dénombrer et vérifier les instruments chirurgicaux avant la fermeture cutanée, des corps étrangers oubliés (CEO) continuent d'être signalés en milieu hospitalier. Cette étude coréenne propose une revue de littérature sur l'impact et les caractéristiques des CEO chez les patients en examinant les études pertinentes publiées depuis 2000.

Au total, les données de 634 études incluaient 743 cas de CEO dans 78 pays.

L'incidence était plus élevée chez les femmes âgées de 20 à 49 ans que chez les hommes. Les CEO sont survenus dans tous les groupes d'âge et pour tous les sites chirurgicaux, les césariennes, les cholécystectomies, les hystérectomies, les pontages coronariens et les appendicectomies représentant 34,6% des cas.

Le délai médian de diagnostic des corps étrangers oubliés était de 24,3 mois, 22,6% des cas présentant un délai supérieur à 10 ans.

La plupart des patients (60%, sauf cas non déclarés) se sont initialement présentés dans un autre hôpital, la douleur (54,9%) étant le principal motif de consultation ; la durée des symptômes était de 4,1 mois (médiane).

La tomodensitométrie était la méthode diagnostique la plus fréquemment utilisée (40,3%), et le diagnostic a été confirmé avant la réintervention chirurgicale chez seulement 24,9% des patients.

Une intervention chirurgicale a été pratiquée dans 90,8% des cas, bien que certains patients aient refusé l’opération ou n’aient pas reçu de traitement. La plupart des corps étrangers oubliés (92%) concernaient des instruments chirurgicaux soumis à un comptage.

Si 56,3% des patients ont bien récupéré, 2,6% sont décédés. La durée médiane d’hospitalisation après l’intervention était de 5 jours.

En conclusion, les symptômes sont souvent courants et non spécifiques, ce qui rend le diagnostic difficile sans informations précises sur les antécédents chirurgicaux. Cette revue met en lumière le problème persistant de ces corps étrangers oubliés et souligne que leur prévention exige de multiples mesures techniques et une culture rigoureuse de la sécurité chirurgicale.

Park S., Cho YC., Unintended retained surgical items: a systematic review of 743 cases, International Journal for Quality in Health Care, Volume 38, Issue 1, January 2026, mzag013

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La fatigue chez les professionnels de santé, un éclairage de la HAS pour en comprendre les ressorts, conséquences et développer les stratégies de prévention

Assurer les soins 24/24h impose au personnel de santé des quarts de travail prolongés et nocturnes.

Les durées de travail des médecins dépassent encore souvent ce que la société considère comme acceptable dans d’autres secteurs à risque.

En France, 96% des soignants se déclarent fatigués. Cette organisation du travail entraîne un déficit de sommeil et un décalage circadien qui peuvent générer de la fatigue et, in fine, avoir des conséquences sur la sécurité des soins.

Une équipe de la HAS a réalisé une revue documentaire sur le sujet.

Dans une décision du 22 juin 2022, le Conseil d’État a rappelé que les établissements de santé devaient garantir le respect du plafond de quarante-huit heures de travail par semaine en moyenne, sur quatre mois pour les praticiens et sur trois mois pour les internes, et qu’il était de leur responsabilité de se doter d’un dispositif fiable, objectif et accessible de décompte des heures de travail effectuées pour chaque agent.

L’article rappelle que la campagne "Combattre la fatigue ensemble" (Fighting Fatigue Together campaign) de la European Patient Safety Foundation a pour objectifs de réduire, partout en Europe, les impacts négatifs de la fatigue du personnel soignant sur son bien-être et sa sécurité, la sécurité des patients, la qualité des soins et la résilience des systèmes de santé.

Les établissements de santé devraient se doter d’un programme de gestion des risques liés à la fatigue qui consisterait, très classiquement, à mesurer la fatigue, analyser ses causes profondes et ses conséquences, prévenir, gérer et atténuer les risques, et évaluer l’impact des solutions mises en place.

L’article cite les principales solutions déjà mises en place çà et là, notamment :

  • la reconnaissance du problème par tous (soignant, direction, et patients), 
  • l’auto déclaration de la fatigue, 
  • les courtes siestes, 
  • évidemment la révision de l’organisation du temps de travail, surtout quand il s’agit de couvrir des horaires non traditionnels, 
  • sans oublier une capacité organisationnelle réactive comme le report d’intervention quand la fatigue est trop grande.
     

La sensibilisation et la formation des personnels est un autre apport de cet article qui introduit notamment l’émergence de pratiques d’un FRMS (Fatigue Risk Management System), un processus explicite et complet pour mesurer, atténuer et gérer le risque de fatigue auquel une entreprise est exposée.

Comme l’erreur, la fatigue est humaine, et si elle ne peut pas être éliminée, elle doit être mieux gérée dans les établissements de santé.

Mentec, H., Legris, C., & May-Michelangeli, L. (2025). Comment gérer la fatigue des professionnels de santé ?. Risques & qualité en milieu de soins, (1), 23-35

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Analyse de l'emploi des infirmières de pratique avancée en milieu rural français : des opportunités encore très méconnues

Le vieillissement de la population en Europe, notamment en milieu rural, engendre de nouveaux défis de santé publique, notamment la prise en charge de patients présentant de multiples comorbidités dans un contexte de difficultés croissantes d'accès aux soins.

Les infirmier(e)s de pratique avancée (IPA) pourraient jouer un rôle clé dans l'amélioration de l'accès aux soins et de la qualité des soins pour les personnes âgées fragiles en milieu rural français, même si les modalités de mise en œuvre restent à préciser.

Cette équipe grenobloise part de l’analyse des besoins de santé des patients fragiles vivant à domicile en milieu rural pour d'évaluer le rôle potentiel de ces infirmier(e)s de pratique avancée pour répondre à ces besoins.

L’étude est qualitative, descriptive, menée de juin à septembre 2023. Trois groupes de discussion, réunissant 20 participants chacun (soignants et personnes âgées fragiles), ont été créés dans deux zones rurales françaises.

Les données ont été analysées par analyse thématique afin d'identifier les besoins clés et les contributions potentielles des infirmier(e)s de pratique avancée.

Les besoins de santé identifiés sont les suivants :

  • Améliorer l'accès aux soins.
  • Maintenir les interactions humaines.
  • Proposer des soins préventifs et coordonnés.
     

Les participants ont souligné l'importance de la collaboration interprofessionnelle et le rôle central que pourraient y jouer des infirmier(e)s de pratique avancée, dont les compétences élargies leur permettent de coordonner les soins avec les aidants naturels et les autres professionnels.

Toutefois, de sérieux défis persistent, au premier rang desquels une méconnaissance assez grande des compétences de ces infirmier(e)s de pratique avancée et des inquiétudes quant à leur intégration au sein de l'équipe soignante.

Sacchetti, A., Bellier, A., Pison, C., & Berube, M. (2025). Advanced practice nurses and their potential in home care for frail patients in rural France: A qualitative study. European Journal of General Practice, 31(1), 2574872

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L'utilisation d'indicateurs sentinelles dans le suivi automatique des dossiers patients pour prévenir des événements indésirables graves, l'expérience autricienne

Comme partout, des indicateurs de qualité des soins hospitaliers autrichiens sont mesurés de façon systématique à partir de données administratives.

Parmi ceux-ci, certains ont un statut d’indicateur sentinelle : leur occurrence suffit à déclencher une alerte et prédire un événement indésirable grave. Cette étude vise à mieux évaluer la pertinence de ces indicateurs sentinelles pour la détection d’événements indésirables graves.

L’étude proposée est rétrospective sur tous les dossiers de patients hospitalisés présentant des indicateurs sentinelles anormaux dans un grand centre hospitalier universitaire autrichien, entre 2013 et 2022, à l’aide d’analyses de dossiers et de l’outil Global Trigger Tool développé par l’Institute for Healthcare Improvement (algorithme qui détecte les précurseurs dans les traces des dossiers médicaux informatisés).

Les événements indésirables détectés ont été classés selon leur gravité, leur caractère évitable et leur lien de causalité avec l’événement.

Les valeurs prédictives positives ont été calculées pour chaque indicateur sentinelle et pour l’ensemble des indicateurs.

Au total, 189 événements indésirables ont été identifiés dans 107 cas. 51,9% des événements indésirables ont entraîné une altération temporaire de l’état de santé, 3,7% des séquelles permanentes, 5,3% ont nécessité des interventions de maintien des fonctions vitales et 36% ont contribué au décès du patient. 

63,5% des événements indésirables détectés ont été jugés potentiellement évitables.

La valeur prédictive positive de l’ensemble des indicateurs sentinelles était de 78,5% (IC à 95% : 70,7%-86,3%) pour la survenue d’au moins un événement indésirable et de 55,1% (IC à 95% : 45,7%-64,6%) pour la survenue d’un événement indésirable ayant contribué au décès du patient.

Ces résultats préliminaires suggèrent que les indicateurs sentinelles pourraient être utiles pour détecter les événements indésirables graves et évitables.

Buchberger, W., Schmied, M., Perkhofer, D., Kapferer, O., Huf, W., & Siebert, U. (2026). The Value of Sentinel Indicators for Detecting Serious Adverse Events in Hospital Care. Journal of Patient Safety, 22(2), 93-100

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Revue de littérature sur les soins infirmiers oubliés/non prodigués, une catégorie d'EIG en forte croissance dans les EHPAD avec la pénurie de personnel

Les soins infirmiers oubliés/non prodigués (Missed care en anglais) désignent les actes de soins nécessaires qui, pour diverses raisons, ne sont pas dispensés, sont partiellement dispensés ou sont retardés par rapport au planning prévu.

Ces soins infirmiers non prodigués constituent un problème majeur dans les EHPAD, compromettant la qualité des soins et augmentant le risque d'événements indésirables et d'hospitalisations évitables.

Le risque est en augmentation avec la crise de personnel qu’il a conduit à financer de nombreux projets européens dédiés.

Cette revue de littérature proposée par des collègues Italiens de Milan très actifs dans ces travaux européens vise à identifier les soins oubliés les plus fréquemment rapportés par le personnel infirmier en EHPAD et leurs causes associées.

La revue de littérature a permis d'identifier 1 468 articles. Après sélection, 1 386 doublons ont été éliminés, permettant d'identifier 82 articles potentiellement pertinents.

Après examen des titres et des résumés, 72 articles ont été exclus pour non-pertinence, aboutissant à 9 études incluses dans cette revue.

Résultats
Les activités de soins infirmiers les plus fréquemment omises en EHPAD comprennent la mobilisation des résidents, l’aide à l’alimentation et les soins d’hygiène personnelle.

Les principales causes identifiées sont le manque de personnel, la complexité élevée des soins et la disponibilité limitée des ressources.

Ces résultats confirment que les omissions de soins infirmiers en EHPAD sont principalement influencées par des facteurs organisationnels et structurels, ce qui nécessite une approche systémique pour améliorer la qualité des soins.

Des interventions ciblées, telles qu’une meilleure planification des ressources, une gestion optimisée du personnel et des mesures visant à améliorer le bien-être des infirmiers, pourraient réduire significativement la fréquence des soins omis.

De futures recherches, notamment des études longitudinales, pourraient apporter un éclairage nouveau sur la prévention plus efficace des omissions de soins infirmiers, tandis que le développement d’outils d’évaluation spécifiques aux EHPAD pourrait améliorer la mesure de ces omissions et soutenir des interventions ciblées.

Cosmai, S., Trezzi, V., Mansi, L., Chiari, C., Colleoni, M., Valsecchi, A., ... & Mazzoleni, B. (2026). Missed Nursing Care in Nursing Homes and Causes: A Systematic Review. Journal of Patient Safety, 22(2), 145-152

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Les modèles de rémunération des chirurgiens aux États-Unis et leurs liens avec le résultat sur le patient

Les modèles de rémunération des chirurgiens influencent leur productivité, la qualité des soins et leur implication dans les activités non cliniques. Pour autant, il est souvent difficile d’obtenir des informations sur les détails de rémunération dans les différentes spécialités chirurgicales et contextes d’exercice.

Cette étude de collègues américains de la côte Est analysent les modèles de rémunération des chirurgiens aux États-Unis, dans le but de les différencier selon le contexte d’exercice et d’évaluer leur lien avec la productivité clinique et les contributions non cliniques.

Une revue systématique a été menée pour identifier les articles publiés entre le 1er janvier 2014 et le 20 août 2024, portant sur les modèles de rémunération des chirurgiens.

Sur 3 268 dossiers examinés, 39 études répondaient aux critères d’inclusion, couvrant 13 spécialités chirurgicales.

Les articles portaient sur différents modèles de rémunération : 

  • salaire fixe (n = 8), 
  • rémunération à l’acte (n = 8), 
  • modèles hybrides (n = 7), 
  • rémunération à la performance classique (n = 5),
  • autre type de rémunération à la performance (n = 3).
     

Les modèles hybrides combinaient primes et salaire fixe. Les modèles salariaux garantissent une stabilité financière, favorisaient le travail d’équipe et étaient associés à un volume d’activité clinique plus faible.

Les modèles à l’acte incitent fortement à la productivité, mais ne tiennent souvent pas assez compte de la complexité des cas, des résultats pour les patients ni des tâches non cliniques.

Les modèles hybrides offrent une plus grande flexibilité en combinant salaire fixe et primes liées au volume d’activité, à la qualité et aux contributions académiques, malgré une complexité administrative accrue.

Les modèles à la performance, rarement utilisés, peuvent avoir des conséquences inattendues. La rémunération des activités d’enseignement, de recherche et administratives variait considérablement d’un modèle à l’autre.

En conclusion, les modèles de rémunération des chirurgiens aux États-Unis demeurent hétérogènes. Si les systèmes basés sur la productivité prédominent, des approches hybrides et fondées sur des valeurs émergentes visent à soutenir des obligations professionnelles plus larges. Des cadres transparents et adaptables, qui équilibrent les résultats cliniques avec la qualité et les contributions non cliniques, sont nécessaires pour maintenir l’engagement des chirurgiens et harmoniser leur rémunération dans l’ensemble de leur pratique chirurgicale.

Rosenthal, J. W., Goldberg, D., Haut, E. R., Dimick, J. B., & Kelz, R. R. (2026). Surgeon Compensation Models: A Systematic Review.  JAMA surgery. Published Online: February 25, 2026

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Le taux de burn-out des médecins comparé entre 9 pays : les États-Unis en tête, la Suisse et les Pays-Bas les plus résistants

L’épuisement professionnel et la baisse du bien-être chez les médecins de premier recours menacent la pérennité des effectifs et les résultats de santé. Comprendre les différences entre les pays en matière d’épuisement professionnel chez ces médecins et les facteurs qui l’atténuent pourrait éclairer les politiques publiques, mais les données probantes restent limitées.

À partir des données d’une enquête menée entre 2012 et 2022 auprès de médecins de premier recours aux États-Unis et dans neuf autres pays à revenu élevé, cette équipe de Harvard avec un premier auteur Allemand a constaté une augmentation de la proportion de médecins déclarant souffrir de stress.

En 2022, les États-Unis affichaient l’un des taux les plus élevés d’épuisement professionnel (44%).
La Suisse (18%) et les Pays-Bas (12%) présentaient les taux les plus faibles, ainsi que des taux de satisfaction plus élevés et des taux de stress plus faibles.

Dans tous les pays, les femmes médecins étaient plus susceptibles de souffrir d’épuisement professionnel, tandis que les facteurs liés au lieu de travail – notamment la satisfaction salariale et la charge administrative – et une meilleure qualité des soins étaient associés à une réduction de ce risque.

Les efforts visant à réduire l’épuisement professionnel devraient tenir compte des disparités entre les sexes et inclure des mesures de soutien systémiques telles que des initiatives qualité, des modalités de travail flexibles et des dispositifs de prise en charge croisée des patients. Un apprentissage transnational approfondi pourrait révéler des stratégies supplémentaires.

Steinbeck, V., Ganguli, I., & Papanicolas, I. (2026). Primary Care Physician Trends: Dissatisfaction, Stress, And Burnout In The US And 9 Comparator Countries, 2012–22: Article examines physician dissatisfaction, stress, and burnout in the US and nine other countries. Health Affairs, 45(3), 251-260

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Évaluation des téléconsultations en Angleterre

En 2024, un tiers des consultations de médecine générale du NHS en Angleterre se déroulaient par téléphone.

Si la téléconsultation peut s'avérer pratique pour les patients et les médecins, elle peut accroître l'incertitude diagnostique.

Les conseils de suivi (indications sur le moment et la manière dont les patients doivent consulter un médecin) constituent un outil permettant de limiter les risques cliniques, mais leur mise en œuvre lors des consultations téléphoniques n'a pas fait l'objet d'études approfondies.

Cette étude observationnelle portant sur 96 consultations téléphoniques enregistrées dans sept cabinets médicaux du sud-ouest de l'Angleterre entre 2023 et 2024, évalue la communication, la documentation et la mémorisation par les patients des conseils de suivi lors des consultations téléphoniques de médecine générale.

Les résultats montrent que des conseils de suivi ont été prodigués à 93 reprises, dans 60,4% (58/96) des consultations, et concernaient 43,4% (72/166) des problèmes de santé.

Les conseils de sécurité étaient majoritairement prodigués à l'initiative du médecin généraliste (95,7%, 89/93), lors de l'élaboration du plan de traitement (66,7%, 62/93) et comportaient des éléments spécifiques (64,5%, 60/93).

Ces conseils étaient consignés dans 64,2% (34/53) des consultations pour lesquelles des notes étaient disponibles. Les conseils écrits étaient rarement utilisés (4/96 consultations, toutes par SMS). Les patients se souvenaient correctement de la présence de ces conseils dans deux tiers des consultations lorsqu'ils étaient donnés. Ces conseils étaient plus souvent prodigués par des médecins généralistes plus jeunes (moins de 45 ans ; OR = 5,09, p = 0,011).

En conclusion, les conseils de sécurité étaient fréquents, mais leur dispensation, leur documentation et leur mémorisation étaient inégales lors des téléconsultations. Il est possible d'améliorer la cohérence, la documentation et l'utilisation des conseils écrits afin de favoriser la compréhension, la mémorisation et la sécurité des patients dans le cadre des soins à distance.

Edwards, P. J., Caddick, B., Skeen, A., Lin, J., Thornton, H., Ridd, M. J., ... & Salisbury, C. (2026). Safety-netting communication during telephone consultations: an observational study using recorded consultations. British Journal of General Practice. 23 February 2026

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