Le système de santé aux USA en question

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Le système de santé aux USA en question

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Les USA sont parmi les rares pays occidentaux à ne pas disposer d’une couverture universelle des soins de santé. Non seulement les pauvres et les non assurés (parfois les mêmes) sont confrontés à des barrières d’accès aux soins très importantes, mais ces deux catégories sont aussi beaucoup plus nombreuses que dans tous les autres pays européens.

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Auteur : Pr. René AMALBERTI / MAJ : 09/09/2015

Les données 2013 du Commonwealth fund placent bon dernier les USA en matière d’accès, avec un résultat encore pire le week-end et la nuit. Les non assurés et les pauvres ne consultent pas ou retardent au dernier stade de complication la consultation, attendent plus quand ils viennent consulter ou aux urgences, pour finalement obtenir en plus des soins plus médiocres.

En contraste, le Royaume-Uni, la France, la Norvège, la Suède et la Suisse font figure de leaders pour l’équité devant les soins. Rappelons que le Royaume-Uni, la Norvège et la Suède ont un système de soin nationalisé. La France a un système public de sécurité sociale, l’Allemagne un système public et privé de sécurité sociale, et la Suisse un système privé non lucratif d’assurance.

Une fraction importante de citoyens américains a l’impression depuis longtemps, en regardant ces systèmes européens, qu’ils rationnent le soin et sont à bannir. Mais cette impression est totalement subjective et infondée si on lit les chiffres.

Les pauvres et non assurés sont clairement très pénalisés aux US, mais les riches n’ont pas une meilleure prise en charge comparé à l’Europe : aucun temps d’attente inférieur, et c’est même beaucoup plus long le week-end et la nuit ; même niveau d’insatisfaction sur le service rendu par les médecins (6% des patients US jugés mauvais, exactement le même pourcentage en Europe) ; et pire, les riches aux USA rapportent massivement des hésitations ou retards sur certains traitements recommandés (y compris chirurgie) pour des raisons financières, même à leur niveau d’aisance financière.

Le nouveau système OBAMA voulait réduire ces différences, notamment en imposant des assurances qui soient accessibles et obligatoires pour tous, et encore plus important dont le coût n’explose pas une fois les pathologies révélées. Les résistances et le chemin pour arriver à ces objectifs restent considérables deux ans après la promulgation de la loi OBAMA sur la santé (Obama Care).

Pour aller plus loin : Davis K. Equitable Access to care – how the United states ranks internationally, N Engl J Med 2014; 371:1567-1570

**** Mon avis : des chiffres qui font frémir, et qui demandent à lire les publications scientifiques US sur la qualité des soins avec une très grande distance. Les champions isolés, même géniaux, n’ont jamais fait une nation sûre pour ses soins, et pire, les résultats des champions isolés sans limites financières et avec une concentration de cerveaux ne sont sans doute pas la voie à suivre pour équiper une nation en matière de sécurité des soins, puisque leur modèle n’est pas généralisable.

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