Coussens S. & Ly DP - Variation in emergency department physician admitting practices and subsequent mortality - JAMA Intern Med. 185(2):153-160 doi:10.1001/jamainternmed.2024.6925.
Une autre étude du réseau des Vétérans aux États-Unis réalisée entre 2011 et 2019 a comparé les urgentistes des services d’urgences quant à leur propension à hospitaliser plus ou moins les patients en visite aux urgences.
Le travail a été limité à des motifs de passages relevant de trois signes d’appels :
1) douleur thoracique,
2) douleur abdominale,
3) essoufflement.
L’étude porte sur 2 098 médecins ayant vu 2 137 681 patients dans 101 services d’urgences. La moyenne d’âge des patients était de 63 ans (15) dont 9,8% de femmes. Le taux d’hospitalisation moyen s’élève à 41,2% et la mortalité moyenne à 30 jours à 2,5%.
La propension des urgentistes à hospitaliser, toutes données ajustées sur la pathologie des patients et les comorbidités, varie considérablement à l’intérieur d’un même service d’urgence.
Par exemple, Le percentile des 10% des médecins d’un service qui hospitalisent le plus admet 56,6% des patients, à comparer au percentile 10% de ceux qui hospitalisent le moins et qui n’en admettent que 32,6%.
Sur le risque assumé, l’étude montre que les patients hospitalisés par les médecins les plus prônes à hospitaliser sortent plus le jour suivant, après seulement 24 heures de séjour (31% vs 24,8%) et surtout, il n’y a pas de différences significatives de mortalité à 30 jours entre ces médecins hospitalisant facilement vs ceux hospitalisant en relatif beaucoup moins.
Ainsi, globalement, la stratégie de grande prudence n’apparaît pas très justifiée, sinon coûteuse et sans bénéfice au patient.
Un résultat rarement publié sur le bénéfice (non prouvé) à hospitaliser par prudence aux urgences.