Duclos A, Frits ML, Iannaccone C, Lipsitz SR, Cooper Z, Weissman JS & Bates DW (2024) - Safety of inpatient care in surgical settings : cohort study - bmj, 387. Safety of inpatient care in surgical settings: cohort study BMJ 2024; 387:e080480.
Cette étude rétrospective américaine d’Harvard avec un co-autorat français évalue les caractéristiques des événements indésirables (EI) survenus pendant les soins périopératoire chirurgicaux à partir des dossiers électroniques des patients, filtrés par la méthode des Global Trigger tools qui dépiste grâce à un logiciel une liste de précurseurs d’EI dans les dossiers des patients, à charge après de sortir et de lire les dossiers pour en vérifier la pertinence et analyser la cause.
Des infirmières formées ont examiné tous les dossiers filtrés et confirmé les EI possibles, qui ont ensuite été évalués par des médecins.
Parmi les 1 009 patients représentatifs tirés parmi une cohorte de 64 221 adultes admis en chirurgie en 2018 à l’hôpital Brigham et Women de Boston, des événements indésirables ont été identifiés chez 38% (intervalle de confiance à 95% de 32,6 à 43,4), dont 15,9% étaient majeurs (de 12,7 à 19,0 - hospitalisation, complication demandant une réintervention, pronostic vital engagé).
Sur les 593 EI identifiés, 353 (59,5%) étaient potentiellement évitables et 123 (20,7%) étaient certainement ou probablement évitables.
1) Les événements indésirables les plus fréquents étaient liés à des procédures chirurgicales (n=292, 49,3%), suivis par les événements indésirables liés aux médicaments (n=158, 26,6 %), les infections associées aux soins (n=74, 12,4%), les événements liés aux soins aux patients (n=66, 11,2 %) et les réactions aux transfusions sanguines (n=3, 0,5%).
2) Les événements indésirables les plus fréquents sont survenu dans les unités de soins généraux (n=289, 48,8%), suivies des salles d'opération (n=155, 26,1%), des unités de soins intensifs (n=77, 13,0%), des salles de réveil (n=20, 3,3 %), des services d'urgence (n=11, 1,8 %), et d'autres lieux hospitaliers (n=42, 7,0%).
3) Les professions les plus impliquées étaient les médecins traitants (n=531, 89,5%), suivis des infirmières (n=349, 58,9%), des internes (n=294, 49,5%), des spécialistes (n=169, 28,5%).
Au bilan, des EI ont été identifiés chez plus d'un tiers des patients admis à l'hôpital pour une intervention chirurgicale ambulatoire ; près de la moitié de ces EI sont classés comme majeurs et la plupart potentiellement évitables.
Ces résultats soulignent le besoin critique d'une amélioration continue de la sécurité des patients, impliquant tous les professionnels de la santé, tout au long des soins périopératoires.
Très bon article montrant que le postopératoire est toujours un moment à grands risques.